C'est décidément une semaine nécrologique et on n'est que Mardi ! 

 
Il s'appelait Jean-Louis. Il m'avait offert pour mes trente ans (ici au Carlat) le "Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations" de Raoul Vaneigem (écrivain situationniste belge - c'est visiblement compatible) commis un an avant que je pousse mon premier cri, comme tout le monde en mai 68. 

Pour mes quarante (toujours ici), nous étions dans le même registre et toujours le même support, le papier. 

Voici un shoot de mon présent, une EO de l'école du Louvre non placardée, quelque jours semble t-il après mes premiers cris mais avant l'expulsion de Cohn-Bendit. Ca exprime bien qui ils étaient.

Jean-louis était resté vissé au début du siècle dernier. Un gars amoureux des situs, d'Antonin Artaud, et de BD d'avant-guerre dont je me demande encore ce qu'il y trouvait de bien. Mais bon, chacun ses mystères… 

Et puis il y a eu son cancer. 

Là, le mail était pratique. Avec des "Nouvelles du Front" ou des "le combat continu" ou encore des coups décallés "PS : possibilité d'internet (uniquement ADSL) dans les chambres, aussi bien à Bergonie qu'à Haut Lévéque, uniquement dans les dépliants de présentation des établissements. On reste dans le virtuel !", il savait rester critique. 

Et puis il y a eu le cancer de Vivi. 

Indissociables jusqu'au bout. Puis son mail indiquant qu'elle était touché au pancréas. Je n'ai pas cru wikipédia et ses 4% de taux de survie... Il vient de rejoindre Vivi, le 14 septembre 2010.
 J'ai plein de beaux souvenirs, de belles discutions tardives, une belle partie de pêche et d'une idée de Phare habillé en père Noël sur la Guierle. 
Il ne répondait plus à mes mails, je n'étais pas présent et je m'en veux.